Salle de sport, obésité et anxiété/dépression

Depuis un peu plus d’un an, je suis abonnée à une salle de sport ; j’avais écrit les liens entre cette pratique et l’acceptation de mon gras ainsi que le fait qu’aller à la salle de sport est une solution de privilégiée et fait une liste de bonnes raisons de ne pas aller faire du sport. Mon but dans cet article est de décrire en quoi le sport m’aide, personnellement, pour gérer ma santé mentale. Comme quand on est gros-se, être déprimé-e/anxieuse-x fait que les gens se sentent obligés de te dire que si t’allais faire du sport, tout irait parfaitement bien. Cet article n’a pas pour but d’être utilisé pour faire culpabiliser les personnes grosses ou déprimées/anxieuses qui ne font pas de sport, ou de m’élever au-dessus d’elles car ma méthode de gestion est socialement valorisée. Leur corps, leur histoire, leurs contraintes, leurs choix.

Je détaille juste ici différentes activités que je pratique, avec à chaque fois leur effet sur le mental (les effets sur le corps se retrouvant rapidement via google).

Trigger warning : les liens vers les différents concepts donnent vers des pages où le décompte des calories par séance apparaît clairement.

Réflexion commune

La salle de sport peut être un endroit angoissant, en particulier quand on débute, car on a l’impression d’être moins bons que les gens autour, ou de ne pas progresser assez vite. Le truc, c’est que la salle de sport, c’est un peu comme un dojo où les ceintures blanches serait mélangés avec les 6ème dan. Il faut réussir à ne pas se comparer aux autres, ce qui est moins difficile que ça en a l’air (on est assez occupés par les cours pour ne pas avoir beaucoup de ressources mentales à consacrer aux autres) mais n’est quand même pas évident.

Les salles de sport ont aussi toujours des miroirs. Dans celles que j’ai vu, les miroirs étaient disposés intelligement (c’est-à-dire qu’il était possible de choisir de ne pas se voir du tout), mais ce n’est pas une garantie. Se voir est à double tranchant : des fois c’est difficile (surtout au début), maintenant c’est quasiment toujours positif (cela permet de s’améliorer beaucoup plus vite, et des fois on se voit avoir la classe).

Pour les débutants, il faut être bien à l’écoute de son corps et réussir à décoder différentes douleurs (« le muscle travaille » -> on continue en faisant attention; « je m’étire doucement » -> on maintient ; « je m’étire trop » -> arrêter ; « mon gras se plie » -> on continue en ignorant).

Pour les personnes anxieuses, il faut savoir aussi qu’il y a plein de discours incohérents entre eux sur le sport, au point qu’à un moment je culpabilisais de ne pas en faire assez à trois séances / semaine et d’en faire trop à quatre séances. Je dis ça sur la fréquence des entraînements, mais ça marche sur tout : les étirements, les courbatures, la nutrion (OMG la nutrition…), les fringues, les horaires… Au final, pour s’en sortir il faut apprendre à se faire confiance (ce qui est loin d’être évident).

Enfin, je conseil de faire un gros travail d’acceptation de son corps, et en particulier de son gras, avant de commencer. J’ai eu trois phases un peu difficile : au début, où le gras gêne dans les mouvements, après 3/4 mois où je n’avais quasiment pas vu de changement dans mon corps, et au bout d’un an, où j’ai du me réhabituer à mon corps et à tous ces nouveaux msucles / nouvelles zones « fermes » qui rendent du coup les zones « moelleuses » plus difficiles à accepter.

Body balance

Le body balance est un mélange de tai chi, yoga, pilates et relaxation. C’est de la « gym douce », ce qui ne signifie absolument pas que ce soit facile, juste que le travail se fait en gardant des postures « longtemps » plutôt qu’en faisant des répétitions. La partie étirement / relaxation peut être assez éprouvante (une séance sur deux je me mets à pleurer) mais est salvatrice : j’ai l’impression que la fatigue du début de séance laisse les émotions négatives remonter, pour qu’elles puissent s’évacuer vraiment par la suite. Le cours permet aussi d’apprendre à gérer sa respiration, ce qui est une arme non négligeable contre les crises d’angoisse. Il s’agit aussi du seul cours où je n’ai entendu aucune réflexion des instructrices et teurs en rapport avec la « culture du régime » : on parle toujours de bien-être, de posture, de ressenti. Par contre, certains étirements ou postures peuvent être difficiles à faire quand on est gros-se (le gras prend de la place) et nécessite des adaptations. Oser demander plus de renseignements concernant ces adaptations, ou simplement avoir le courage de les trouver soit-même, peut vraiment être difficile. N’hésitez pas à consulter Body positive yoga ou à me demander en commentaire si vous ne lisez pas bien l’anglais.

Body combat

Le body combat est un cours de cardio inspiré de sports de combat (^_^ boxe, taikwendo, karaté…). C’est mon activité préférée :). Les mouvements sont assez simples (ils sont techniques à « bien faire », mais facile à « faire à peu près correctement ») ; certains mouvements nécessitent juste, quand on a une grosse poitrine, d’avoir un très bon maintien. L’esprit du cours, c’est d’être pendant une heure ou presque l’héroïne ou le héros d’un clip de film d’action. C’est extrêmement défoulant et permet d’évacuer l’agressivité et la rage « dans le vide ». Attention juste à ne pas y aller en étant déjà trop en colère, sinon on risque de se donner trop à fond sur l’échauffement et ensuite devoir ralentir.

Si les instructrices que j’ai eu avaient globalement un discours « vous êtes des guerriers », il arrive régulièrement que des commentaires de type culture du régime soient faits ; comme toutes les activités cardio, beaucoup de discussions autour (page facebook notemment) tournent autour de la perte de poids.

Body attack

Le body attack est aussi un cours cardio, mais beaucoup plus « classique » dans ses mouvements (genoux hauts, pas chassés, etc). Du coup, ce cours est un peu moins défoulant mentalement tout en l’étant plus physiquement, car (je trouve) plus difficile. Comme beaucoup de mouvements sont inspirés de l’athlétisme, il peut faire remonter à la surface de mauvais souvenirs de cours d’EPS, mais comme le rythme, le lieu et le contexte sont très différents, ce cours peut aider à soigner ces blessures passées. Comme tout cours cardio, il est assez sujet à la « culture du régime ». Le cours est un peu plus difficile à démarrer que le combat car les séquences sont un peu plus complexes.

Zumba

La Zumba est un cours cardio inspirée de la danse, notamment de danses latinos. Contrairement aux autres cours qui sont des concepts « Les Mills » et où la qualité des cours est constante, celui-ci est un concept indépendant et chaque cours de Zumba est très très fortement marqué par la personnalité et le style de l’instructriceur. Celle dont j’ai l’habitude fait des cours « sexys », ce qui peut être à la fois difficile au début et très valorisant ensuite (au bout de six mois de cours, je me suis trouvée séduisante en rencontrant mon reflet dans un miroir), très féminins et très « funs ». Le cours ne me permet pas vraiment de me défouler mentalement contrairement au combat, mais il rajoute une couche de bonheur / fun qui est toujours bonne à prendre 🙂 C’est aussi l’un des cours les plus difficile à suivre (beaucoup de mouvements de danse à apprendre, beaucoup de changements) et il faut trois/quatre séances pour être à peu près à l’aise.

Body pump

Le body pump est un cours de musculation avec poids en musique. C’est un cours qui a l’air facile mais qui nécessite un apprentissage techniques de mouvements qui ont l’air simple (en particulier les squats mais aussi les biceps curls). Ce cours donne souvent des courbatures (surtout au début) et est exigeant d’exécution, donc il peut être à risque si vous pratiquez l’auto-mutilation ou d’autres formes de self-harm, car il est très facile dans ce cours d’atteindre la douleur.

Le surpoids a surtout pour conséquence de modifier un peu l’équilibre des charges utilisées : à chaque exercice où on utilise le poids du corps,

Le cours est fatiguant sans être défoulant : j’en sors dans un état « neutre », même si bien sûre satisfaite du travail accompli.

Conclusion

Globalement, je déconseillerais la salle de sport aux personnes souffrant de TCA ou étant dans les premières étapes de leur guérison, car il existe un fond de discours toxique même s’il est au final bien moins intense que l’on peut s’y attendre. Cela s’explique en partie car une fois dans la salle de sport, on devient la « bon-ne gros-se » et donc la pression se fait plus légère. Si le sport est pour moi indispensable pour gérer mes troubles anxieux/dépressifs, ce n’est absolument pas une solution miracle d’autant plus qu’il y a aussi des pièges à éviter, mais je prévois un article dédié entièrement au sujet des « solutions faciles » contre les maladies mentales 🙂

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