Les Chroniques mauves, reflet fidèle du milieu lesbien français

Les chroniques mauves est un roman graphique écrit par un collectif d’illustratrices racontant le milieu lesbien de 1950 à 2011 en France via 12 épisodes se déroulant en des lieux et des époques différentes. J’avais eu la chance « d’interviewer » une partie de l’équipe lors du printemps lesbien de Toulouse et rédiger une brève sur Wikinews, que je pense intéressante à lire pour comprendre les intentions des autrices.

Dans les points positifs tout d’abord : la démarche du projet en elle-même est intéressante, nécessaire, et le résultat est à la hauteur des attentes. Les personnages expriment les contradictions du milieu, par exemple entre autogestion entre lesbiennes féministes et revendications de « normalité ». Les musiques et textes féministes qui entrecoupent le roman lui apportent une profondeur et un éclairage supplémentaire. Je ne peux m’empêcher d’être déçue de voir les racines radicalement féministes et revendicatrices du début du roman se muer petit à petit en assimilationnisme. Le seul regret en terme de réalisation est que le roman aurait grandement bénéficié de la couleur (une pride en noir&blanc !), qui n’a pas été retenue pour des raisons matérielles.

Le gros point négatif, c’est que le roman est… un reflet fidèle du milieu lesbien français. Aucune femme trans; l’utilisation de bandes pour compresser les poitrines d’un homme trans et qu’une équipe de drag king plutôt que de binders; la copine d’une lesbienne turque qui passe une page à dire qu’elle a de la chance que ses parents ne soient pas des « intégristes » mais que quand même le placard lui pèse ; elle est d’ailleurs la seule lesbienne de couleur de tout le roman, avec une lesbienne noire muette dans une case de pride ; et, ce qui m’a le plus sauté au visage en tant que cis blanche bisexuelle : le traitement indigent de la bisexualité. Je vous recopie la définition que l’on trouve à la fin du roman, dans une liste d’autres termes :

Bi : Désigne une bisexuelle, bien sûr. De mon temps, on ne les aimait pas beaucoup, un peu comme des filles qui ne savaient pas ce qu’elles voulaient. On aimait les choses plus radicales, noires ou blanches ! Aujourd’hui, c’est queer.

En conclusion : il manque un épisode 13 aux Chroniques mauves, « Intersectionnalité », avec des bies, des trans et des racisées. Pour raconter la décennie 2012-2021 ?

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Une réponse à “Les Chroniques mauves, reflet fidèle du milieu lesbien français

  1. « aujoud’hui, c’est queer » ? Sérieusement ? Roh ça m’énerve. Ça m’énerve. C’est tellement débile, tellement pauvre en réflexion. Déjà dire que les bies « ne savent pas ce qu’elles veulent » ça craint à mort, mais alors enchaîner sur « queer = personnes qui ne savent pas ce qu’elles veulent » ou encore sur « queer is the new bi », vraiment, ça me laisse pantoise…

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