Premières étapes d’acceptation

Je me suis engagée depuis plusieurs années sur le chemin de la fat-acceptance (« acceptation-du-gras »). La FA travaille à détruire les trois équations suivantes :

  1. Gros = mauvaise santé
  2. Gros = moche
  3. Gros = échec moral

Je vais ici raconter mon parcours pour parvenir à détruire ces trois « évidences » , en espérant que cela peut inspirer des personnes et surtout expliquer pourquoi ce parcours n’est pas évident pour toute-s.

La première étape est d’avoir toujours avoir eu des relations (sentimentales et sexuelles et « flirtuelles ») avec des personnes FA, c’est-à-dire qui ne m’ont jamais dit que je serais plus belle avec des kilos en moins, que je me « sentirais mieux », qui ne m’ont jamais dit « mais enfin je dis ça pour ton bien ». Je ne dis pas que je les ai toujours crues, ou que je ne les ai pas trouvé stupides de me croire jolie.

La seconde étape, qui a vraiment été déclencheuse d’une démarche active de FA,  a été de recevoir des massages. Cela a donné un énorme coup à l’équation 3 : mon corps avait besoin que j’en prenne soin et il le méritait.

La troisième étape a été de parcourir la blogosphère / tumblrsphère anglophone ; de lire des textes de FA qui attaquaient 1. 2. et 3.

La quatrième étape a été de me mettre à aller à la salle de sport. Cela m’a été possible parce que j’ai vu des femmes grosses et très sportives, que ce soit en vrai ou dans des oeuvres culturelles (coucou les pandarènes de World of Warcraft); qu’il y a eu une campagne de pub d’une salle de sport dans ma ville prenant comme égérie une femme ronde; et enfin, qu’une collègue me poussait avec insistance à l’accompagner. Aller faire du sport avec des instructeurs qui acceptent de reprendre les bases depuis le début, à base de « oui c’est normal que tu ressentes cela moi aussi, et en plus pour toi ça doit être encore plus dur », comprendre enfin que le sport est un plaisir et non pas une punition pour les vilains gros qui savent pas maigrir, voir son corps accomplir des choses et pas juste être un poids…

Bien, maintenant voyons quels sont les privilèges sur lesquels je me suis appuyée :

  • j’ai suffisamment d’argent pour me payer des massages, un abonnement à la salle de gym et un abonnement à WoW
  • j’ai suffisamment de patrimoine culturel pour comprendre sans problème l’anglais écrit
  • je vis et travail à proximité de salles de sport
  • je suis cis et donc le vestiaire dans lequel je peux me changer et prendre une douche est évident
  • je n’ai pas d’handicap qui me rendent la salle de sport inaccessible, les cours collectifs impossibles à suivre ou les mouvements impossibles à exécuter

C’est pour cela que je pense que si la FA est libératrice, nous devons garder en tête qu’elle est encore très très loin d’être accessible à toute-s.

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Une réponse à “Premières étapes d’acceptation

  1. Pingback: Salle de sport, obésité et anxiété/dépression | Un cas IT

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